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Palmarès du Festival International du Film de Cannes 2012

  • Palme d’Or du Court-Métrage : Sessiz-Be Deng (Silence), de L. Rezan Yesilbas

  • Caméra d’Or (choisi parmi 25 films, toutes compétitions confondues) : Les Bêtes du Sud Sauvage, de Benh Zeitlin (Un Certain Regard)

  • Prix du Jury : La Part des Anges, de Ken Loach
  • Prix du Scénario : Au-delà des collines (Beyond the Hills), de Cristian Mungiu
  • Prix de la Mise en Scène : Post Tenebras Lux, de Carlos Reygadas
  • Prix d’Interprétation Masculine : Mads Mikkelsen, pour son rôle dans The Hunt (Jagten)
  • Prix d’Interprétation Féminine : Cosmina Stratan et Cristina Flutur, pour leur rôle dans Au-delà des collines, de Cristian Mungiu
  • Grand Prix : Reality, de Matteo Garrone
  • Palme d’Or : Amour (Love), de Michael Haneke

Day 6 in #Cannes - Confession of a Child of The Century, Sylvie #Verheyde

Film vu mardi 22 mai : Confession of a Child of The Century, réalisé par Sylvie Verheyde - Un Certain Regard

Pays : France

Interprètes : Pete Doherty, Charlotte Gainsbourg, Lily Cole, Volker Bruch

     Trahi par sa maîtresse, influencé par son ami, le jeune Octave délaisse sa soif d’absolu pour devenir un parfait libertin. Il tombe alors dans le désespoir et la débauche : “le mal du siècle”. La mort de son père l’amène à la campagne où il rencontre Brigitte, une veuve de dix ans son aînée, dont le visage semble empli de larmes prêtes à jaillir. C’est alors le retour de la passion, mais leur passé a brisé leur capacité à vivre entièrement et dans la spontanéité leurs désirs. Cependant, un petit mensonge anodin sème le doute chez le bel Octave.
   Quel dommage que le rythme du film soit aussi lent, aussi contemplatif, même si la photographie est plutôt belle et soignée. On a de jolis plans avec des bougies, cela nous rappelle l’univers de Barry Lindon, les jeux aussi, les fêtes données dans de beaux appartements. Il y a un petit côté kubrickien dans ce film.
Hélas, le long-métrage mange de relief, le ton est assez aléatoire et très théâtral, avec un scénario didactique. Doherty aurait pu être idéal pour ce rôle de rêveur dissolu, mais il a du mal à faire passer des émotions, ne serait-ce au moins de la confusion. Peter ne fait pas grand effort pour être chose que Peter, la langueur et la mollesse ne sont pas synonymes de séduction. Il reste un romantique aux atermoiements existentiels. Un personnage traversant de méchantes crises de cruauté, éternellement tenté par l’inaccessible et perpétuellement déçu par ce qu’il possède.
Charlotte Gainsbourg joue elle un personnage qui souffre des indécisions émotionnelles de l’homme qu’elle aime, incapable de trouver le sens de sa vie amoureuse.
   Malheureusement avec un filmage trop souvent à l’épaule, une durée quelque peu interminable et une désagréable impression d’artificiel, ce long-métrage peut vite devenir énervant.
Day 4 in #Cannes - Hors les murs, David #Lambert

Film vu vendredi 18 mai : Hors les Murs, réalisé par David Lambert - Semaine de la Critique

Pays : Belgique, France, Canada

Durée : 1h38

Interprètes : Guillaume Gouix, Matila Malliarakis, David Salles

     Paulo, pianiste à la Cinémathèque de Bruxelles, rencontre Ilir, un beau barman d’origine albanaise, bassiste dans un groupe de rock. Aussitôt c’est le coup de foudre. Du jour au lendemain ou presque, Paulo quitte sa fiancée pour s’installer chez Ilir. Le jour où le premier promet au deuxième de l’aimer pour la vie, Ilir disparaît.

   Le film est plutôt bien réussi, assez touchant et il y a un très bon jeu de la part des deux acteurs principaux. Les deux garçons ont l’air de croire en cet amour, ils ont l’air tout à fait sincères à l’écran. Bien que ces deux-là soient totalement différents, ils finissent par s’entendre pour de bon, tomber d’accord, s’aimer.

Ce long-métrage suit l’évolution de Paulo, sa relation avec Ilir, sa nouvelle rencontre, ses envies d’attention. Le sexe est évoqué sans tabou sans pourtant être porté à l’écran. Tout reste dans la suggestion, la discrétion, et non de la monstration ; il y a l’idée d’un secret. L’homosexualité est abordée de façon naturelle, il ne s’agit pas d’expliquer, de prendre parti, c’est comme ça : il n’y a pas de message, de leçon de morale, mais juste un bout de vie, juste ce qu’il faut. C’est parfois très plaisantin, c’est une relation amoureuse qui vit des hauts et des bas, et le spectateur ne manque de rien.

La photographie est soignée, belle, et la Bande Originale accompagne parfaitement les émotions, les sentiments des deux garçons. On a là un film au ton juste, il n’y a pas de “trop” et ça fait du bien.

Day 4 in #Cannes - Infancia Clandestina, Benjamín #Ávila

Film vu dimanche 20 mai : Infancia Clandestina, réalisé par Benjamín Ávila - Quinzaine des Réalisateurs

Pays : Argentine, Espagne, Brésil

      Argentine 1979, Juan, 12 ans, revient avec sa famille à Buenos Aires après des années d’exil. Membres d’une organisation qui lutte contre la junte militaire et donc le régime en place, ses parents et son oncle sont traquées sans relâche. A l’école, Juan ne doit pas oublier que, pour tout le monde, il s’appelle Ernesto Estrella (ce qui nous renvoie à Che Guevara), et ce même pour Maria, son amoureuse.

   C’est un très joli film, bien réussi. On est proche des personnages, de leur quotidien peu commun et assez remué, régulièrement remis en question. La réalisation est soignée, on a de très beaux gros plans lorsqu’on observe Maria, sa bouche, les traits de son agréable visage, sa chorégraphie de gymnastique, tout ça vu  travers les yeux de Juan ; regard que l’on voit également en gros plan lorsqu’il observe l’extérieur depuis l’intérieur, comme pour souligner sa candeur, naïveté, et donc sa curiosité crédule.

Les scènes de violence sont également mises en avant de par un passage de l’image réelle à l’animation, laquelle n’adoucit absolument le caractère brutal de chacun de ces épisodes.

Il s’agit d’un film d’amour, entre les parents et leurs enfants, la grand-mère, entre deux enfants de 12 ans, en 1979 pendant la dernière dictature militaire argentine. Le récit s’inspire en partie de faits réels, basés sur l’enfance du cinéaste et de ses frères. On ne sent aucunement l’improvisation du réalisateur avec les acteurs, “plaçant sa caméra au dernier moment, tournant souvent sans savoir exactement ce qui pouvait se passer”. Le pari est réussi. On est emmené dans cette histoire avec Juan, avec sa pureté, ses questions, ses incompréhensions face au monde d’adultes peu commun dans lequel il grandit.

Les couleurs sont belles et les émotions sont intactes, bien retranscrites à l’écran. On évolue en même temps que Juan, au même rythme que lui, à travers son regard innocent, qui a envie de voir, d’apprendre, de savoir. 

       Argentina 1979, Juan, 12 años, vuelve con su familia a Buenos Aires después varios años de exilio. Miembros de una organización quien lucha contra la junta militar y el régimen que está al poder, sus padres y su tío están acosadas sin descanso. A su escuela, Juan no tiene que olvidar que, para todaos, se llama Ernesto Estrella (lo que nos hace pensar en Che Guevara), también para Maria, chica de la cual está enamorado.

Day 4 in #Cannes - : Une Famille Respectable, Massoud Bakhshi

Film vu vendredi 18 mai : Une Famille Respectable, réalisé par Massoud Bakhshi - Quinzaine des Réalisateurs

Pays : Iran

Langue : Farsi

Genre : drame

Durée : 1h30

     Arash, un universitaire iranien qui habite en occident, revient donner des cours à Chiraz où vit sa mère, loin de Téhéran. Entraîné dans un tourbillon d’intrigues familiales et financières, il replonge dans les heures difficiles des débuts de la guerre Irak - Iran, en 1981. Après la mort de son père, vient le temps des choix.

   C’est un beau film où l’on voit qu’en Iran le conflit est permanent, aussi bien à l’échelle du pays qu’à celle d’une famille, le cas échéant. Il s’agit effectivement d’un drame familial, d’un film noir, qui rend hommage aux jeunes iraniens disparus pendant cette guerre Irak - Iran et à la jeunesse iranienne de nos jours. L’histoire est un peu complexe, avec des allers et retours entre le passé et le présent ; le résultat est plutôt bon, avec une certaine visée didactique sur la guerre Irak - Iran et sur la guerre et ses victimes en général, mais aussi sur la vie de tous les jours en ce moment en Iran.

Le film est réussi, on note que l’argent a une valeur plus importante, plus forte que les liens famliliaux. La mise en scène, dans les décors naturels de Chiraz et Téhéran, est simple, sans paillette inutile : on est assez proche du style documentaire en même temps que ce déroule cettz fiction.

Day 2 in #Cannes - : Alyah, Elie Wajeman

Film vu vendredi 18 mai : Alyah, réalisé par Elie Wajeman - Quinzaine des Réalisateurs

Pays : France

Interprètes : Adèle Hanel, Pio Marmaï, Cédric Kahn, Guillaume Gouix

      Alex, 27 ans, vit à Paris en dealant du shit. Il paye les dettes de son grand frère, lequel est devenu un véritable fardeau. Quand son cousin Nathan lui annonce qu’il souhaite ouvrir un restaurant à Tel-Aviv, Alex s’imagine le rejoindre et changer de vie, en délaissant complètement celle qu’il a ce moment-là. Pour cela, il doit trouver de l’argent, quitter Paris, quitter ses amours compliquées et son frère destructeur ; préparer, son aller sans retour en Israël.

   Pio Marmaï porte presque entièrement le film sur ses épaules (rôle principal d’Alex). Le film n’est pas trop mal malgré certaines images totalement cramée, est-ce voulu ? Et dans ce cas dans quel but ? Pour nous dire quoi ? Il y a en effet peu de soin apporté à l’image elle-même, peut-être pour dépeindre la réalité d’une manière un peu proche d’un docu sur l’Alyah … C’est dommage que la photographie ne soit pas plus soignée car cela aurait pu apporter un véritable plus au film dans son ensemble, film auquel par ailleurs il manque une vraie fin, à moins que la leçon de morale n’ait été implicite.